Critique film
Publié le 20/07/2026 à 10:21 par Grégory

Dead Ball

Affiche
7 /10
Enfant, le prodige du baseball Jubei Vakyu causa la mort de son père. Devenu l’un des délinquants juvéniles les plus redoutés du Japon, Jubei est jeté en prison et rejoint l’équipe de baseball locale pour vaincre les Black Dahlia, une équipe féminine s’étant juré de décimer chaque équipe adverse dans des torrents d’hémoglobine. Dans l’ombre, l’administration pénitentiaire concocte un plan machiavélique.
Impossible de prendre "Dead Ball" au sérieux, et c’est précisément ce qui fait tout son intérêt. Réalisé par Yudai Yamaguchi, ce film mélange comédie absurde, gore outrancier et parodie sportive dans une œuvre complètement déjantée qui transforme le baseball en véritable champ de bataille sanglant. Entre humour noir et violence cartoonesque, le long-métrage assume pleinement son délire du début à la fin.

L’histoire suit Jubei Vakyu, ancien prodige du baseball devenu un jeune criminel redouté après un accident tragique survenu durant son enfance. Envoyé en prison, il se retrouve intégré à une équipe de baseball pénitentiaire chargée d’affronter les Black Dahlia, une formation féminine aussi violente que meurtrière. Très vite, les matchs dépassent largement le simple cadre sportif pour devenir des affrontements grotesques où les joueurs risquent littéralement leur vie à chaque lancer.

Le film repose avant tout sur son concept absurde poussé à l’extrême. "Dead Ball" détourne tous les codes classiques des films de sport pour les transformer en une succession de scènes délirantes remplies de geysers de sang, de coups impossibles et de personnages caricaturaux. Chaque match devient une bataille surréaliste où les règles du baseball semblent avoir été remplacées par celles d’un film d’horreur comique.

Visuellement, le long-métrage adopte une esthétique volontairement excessive rappelant les mangas parodiques et certaines productions cultes du cinéma gore japonais. Les effets spéciaux artisanaux, les maquillages grotesques et les scènes de violence absurdes participent pleinement au charme du projet. Le film ne cherche jamais le réalisme et préfère miser sur une énergie constante et un humour complètement absurde.

L’un des points forts de "Dead Ball" reste sa capacité à enchaîner les idées folles sans jamais ralentir son rythme. Les personnages secondaires sont volontairement exagérés, les situations deviennent de plus en plus improbables et l’ensemble conserve une ambiance de chaos permanent. Cette folie assumée pourra autant faire rire que dérouter selon la sensibilité du spectateur.

Cependant, le film souffre aussi des limites classiques des productions ultra-parodiques. Le scénario reste très mince et certaines blagues deviennent répétitives à mesure que le récit avance. Ceux qui ne sont pas sensibles à l’humour absurde japonais ou aux excès gore risquent rapidement de décrocher face à cette avalanche de non-sens volontaire.

Mais pour les amateurs de cinéma d’exploitation japonais, "Dead Ball" représente justement ce type de curiosité atypique qui ose aller beaucoup plus loin que la plupart des comédies horrifiques classiques. Son mélange de sport, de gore et d’humour grotesque lui donne une personnalité totalement unique.

Au final, "Dead Ball" est une comédie horrifique délirante qui transforme le baseball en massacre collectif ultra-violent et absurde. Un film complètement fou, imparfait mais extrêmement généreux dans son excès, réservé avant tout aux amateurs de séries B japonaises déjantées.
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