Critique film
Publié le 03/01/2018 à 16h10 par Kévin Aubin
7 Jours pas Plus
9,5 /10

Quel est le point commun entre une vache qui tombe du ciel, un quincaillier célibataire et maniaque, un jeune Indien perdu, et une jolie normande qui aime les quincailliers maniaques ? Une simple question: tout ce qui nous arrive relève-t-il vraiment du hasard ?

Héctor Cabello Reyes est un scénariste qui a officié sur de nombreuses comédies françaises. Il a notamment apporté sa collaboration sur les films de Éric Lavaine. Il a également joué quelques rôles dans les films qu'il a scénarisés.

En 2017, il passe pour la première fois à la réalisation avec son long-métrage 7 jours pas plus. Le film est le remake du film argentin El Chino sorti en 2012 et qui raconte l'histoire insolite d'un Argentin et d'un Chinois unis par une vache tombée du ciel. Sur cette idée de départ saugrenue, le réalisateur tire comédie dramatique française douce-amère qui mélange les genres et qui a le mérite de se suffire à elle-même. Dans le sens où tout ce qui y est raconté est simple et bien écrit, et ne cherche jamais à faire dans le grandiloquent. De plus, faire de ce film à la fois un buddy-movie, une comédie dramatique et un soupçon de conte, cela rend l'expérience cinématographique incomparable. Dans un cinéma français très formaté, quel bonheur de trouver encore des films qui osent s'affranchir des codes pour insuffler un vent de fraîcheur et de renouveau pour le spectateur. Même si dans l'ensemble le film a des airs de déjà-vu dans sa construction narrative et n'a que peu de rebondissements, ça fait tellement du bien d'être dépaysé le temps d'un instant que les quelques faiblesses sont vite oubliées. Avec ce film vous assistez à un choc des cultures inattendu qui vous fera voyager et vous faire évader. Il faut se laisser porter sans forcement y attendre grand-chose pour en sortir ému. Avec un humour léger et des moments intimistes à la fois touchant et drôles, ce film est un bon petit moment de cinéma qui a la saveur d'un bonbon acidulé.

Pour mettre en forme ce film, Héctor Cabello Reyes use d'une réalisation classique mais efficace. La mise en scène profite aux acteurs et met en valeur ce choc des cultures inattendu, les décors très terre à terre participent à créer une ambiance générale détendue, la photographie très léchée voire picturale donne une ambition de "comédie d'auteur" et la bande-son s'apprécie comme le reste du film avec légèreté.

Dans le film, Benoît Poelvoorde est l'homme de tous les plans. Habile dans plusieurs registres, il trouve ici un rôle lui permettant d'explorer toute l'étendue de son talent d'acteur. En jouant simplement, il arrive à composer un personnage blessé par la vie, maniaque et drôle sans le vouloir. Pour l'accompagner, un acteur indien inconnu en France qui après avoir joué dans des films bollywoodiens, débarque en France pour son premier rôle dans un film français. Ne sachant pas parler un mot de français, il a appris les textes des deux personnages principaux afin de pouvoir caler ses répliques eu bon moment. Une disponibilité et une volonté à toute épreuve qui transparaît à l'écran et qui fait plaisir à voir. Mention spéciale à Alexandra Lamy, qui même si elle n'apparaît que dans quelques scènes, arrive comme toujours à faire son petit effet.

Pour sa première réalisation, Héctor Cabello Reyes signe un petit film sans prétention qui a le mérite de sortir du lot. En mélangeant les genres et en proposant sa vision de l'histoire, il fait passer au spectateur un moment de détente rafraîchissant, touchant et réussi.

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