Critique film
Publié le 30/03/2018 à 12h28 par Kévin Aubin
Burn Out
10 /10

Tête brûlée, accro aux sensations fortes, Tony ne vit que pour une seule chose : devenir pilote professionnel de moto superbike. Jusqu'au jour où il découvre que la mère de son fils est liée à la pègre manouche. Seule issue pour la sortir de cet engrenage : mettre ses talents au service des truands. Pilote de circuit le jour, go-faster la nuit, Tony est plongé dans une spirale infernale qui le mène au bord de la rupture…

Yann Gozlan suit des études d'économie mais sa passion du cinéma le pousse à changer de voie. Il tourne des films expérimentaux en vidéo et super8 avant de réaliser quelques courts-métrages. Son court Echo reçoit le Grand Prix du court métrage au festival de Gérardmer en 2006. Suite à cette récompense, une société de production lui propose de produire son premier long, Captifs. Le film obtient deux prix au Screamfest de Los Angeles en 2010. Son deuxième long-métrage sort en 2015 et met en scène Pierre Niney. L'homme idéal est un thriller psychologique grand public.

En 2018, il revient avec Burn Out, librement inspiré du roman "Balancé dans les cordes" de Jérémie Guez. Dès les premières minutes, le ton est donné pour le spectateur. Immergé avec le héros dans son périple, c'est une véritable descente aux enfers qui s'annonce tout du long. Davantage psychologique que physique, ce thriller offre une plongée dans la tête de notre héros qui prend aux tripes pour ne plus nous lâcher. L'histoire peut paraître simple de prime abord mais se révèle être parsemée d'idées intéressantes. C'est viscéral, choc et rondement bien mené pour un film qui s'apparente à du cinéma de genre. Un cinéma que l'on voit trop peu aujourd'hui. Pour un film français, il faut saluer cette prise de risque. Un risque qui paie puisqu'à aucun instant le spectateur n'est laissé pour compte; il est toujours pris à partie. Le rythme ne faiblit jamais et la tension ne fait que croître. Les rebondissements s'amoncellent et n'épargnent pas le héros auquel on s'identifie très facilement. On sent que le réalisateur à cette volonté du détail et surtout de faire vivre une véritable expérience au spectateur. A la fois visuelle et traumatisante, une expérience inoubliable et immanquable au cinéma. Un film qui se vit sur l'instant et qui est une vraie bonne surprise en ce début d'année.

Surtout que Yann Gozlan maîtrise de A à Z son long-métrage. La mise en scène est soignée tout en mettant directement dans l'ambiance sombre et tortueuse le spectateur et surtout profite à son acteur principal, les décors retranscrivent parfaitement l'atmosphère anxiogène du film, la photographie joue sur les nuances de couleurs notamment celles sombres et est visuellement saisissante et la bande-son aux sons électroniques est là pour asséner le coup de grâce. Une réalisation bien pensée et qui prouve que le cinéma français sait se renouveler.

François Civil trouve dans son film son premier grand rôle aux yeux du grand public au cinéma. Habité par son personnage, il électrise de par sa présence quasi-mutique. Un acteur qui en a sous la pédale et qui arrive à faire naître des émotions davantage par le regard que par les mots. Face à lui, Olivier Rabourdin campe un méchant à la personnalité alambiquée et qui capte l'attention à chaque apparition. Un rôle qui lui sied à merveille. On retrouve également Manon Azem, habituée des séries télévisées, dans le rôle d'une jeune femme embarquée bien malgré-elle dans une situation inextricable. Notons que les seconds rôles ne sont pas en reste et que chacun arrive à tirer son épingle du jeu.

Pour sa nouvelle réalisation, Yann Gozlan signe un thriller de haute volée qui serait dommage de manquer. Du cinéma français lorgnant sur le cinéma de genre trop peu présent ces derniers temps et qui fait plaisir à voir. Le tout porté par un casting impeccable, François Civil en tête.

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