Critique film
Publié le 25/10/2017 à 17h13 par Floriane
Churchill
6 /10

Juin 1944. Les 48 heures précédant le Débarquement qui scellèrent le destin de Winston Churchill et du monde.

Winston Churchill semble être populaire ces derniers temps. Après être apparu sous les traits de Jon Lithgow dans la série Netflix "The Crown" et avant de le découvrir incarné par Gary Oldman dans "Les Heures Sombres", le réalisateur Jonathan Teplitzky nous donne sa version du personnage avec Brian Cox dans le rôle-titre.

Ce "Churchill" est original par l’épisode de la vie de l’homme politique qu’il met en scène. Cet épisode est celui de la préparation du débarquement de juin 44, dit Opération Overlord. Chose méconnue, Churchill était contre cette opération et fut tout pour l’arrêter.

Le film nous explique les raisons de ce refus en nous plongeant dans l’intimité du premier ministre. On découvre un Churchill hanté par les horreurs de la Première Guerre mondiale, au bord de la dépression et aux tendances alcooliques.

Le réalisateur s’arrête aussi sur ses relations avec son entourage. En particulier de son épouse, Clemmie Churchill (Miranda Richardson), souvent peut mise en avant dans les œuvres évoquant l’homme.

Le scénario s’attarde aussi sur l’affrontement d’idées entre Churchill et le Général Dwight Eisenhower (John Slattery). Le récit joue de l’image vieux jeux de Churchill face au modernisme d’Eisenhower. Les deux visions se percutent sans manichéisme facile.

Avec tous ces éléments nuancés, le cinéaste évite le piège de l’hagiographie. Il montre Churchill manipulateur, orgueilleux et rancunier, mais aussi humain et touchant, surtout dans sa volonté de protéger les "petits soldats" des directives parfois inhumaines des hauts gradés.

Bien que le film soit intéressant, on regrettera l'interprétation caricaturale de Brian Cox avec un mimétisme trop poussé. De plus, comme souvent dans le genre du biopic historique, la mise en scène classique et la musique donne une impression poussiéreuse à l’ensemble.

Mais on pardonne ces petits défauts car l’intérêt de "Churchill" se trouve dans son sujet. Et sur ce point-là, le film arrive à retranscrire parfaitement les enjeux de ce moment crucial de la guerre 39-45, ainsi que les démons personnels d’un homme de pouvoir.

"Churchill" est un biopic classique dans sa forme, mais original par le portrait de Winston Churchill qu’il nous montre.

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