Critique film
Publié le 27/08/2019 à 16h47 par Floriane
Dumbo
8 /10

Les enfants de Holt Farrier, ex-artiste de cirque chargé de s’occuper d’un éléphanteau dont les oreilles démesurées sont la risée du public, découvrent que ce dernier sait voler...

En 1941 (1947 pour la France), les spectateurs tombaient sous le charme du petit Dumbo et de son histoire sur la résilience face à l'adversité. Presque 80 ans plus tard, Disney propose de nous replonger dans ce conte imaginé par Helen Aberson avec un film en live action réalisé par Tim Burton.

Après Jon Favreau ("Le Livre de la Jungle") et avant Guy Ritchie ("Aladdin"), c'est au tour de Tim Burton de s'essayer à la réadaptation d'une œuvre culte du studio aux grandes oreilles. Avec l'aide du scénariste Ehren Kruger, le réalisateur d'"Edward aux mains d'argent" propose une vraie mise à jour de l'original, notamment dans sa forme. Alors que le film de 1941 se concentrait sur l'éléphanteau et la souris Timothée (les humains n'étant représentés que sous la forme d'ombres), celui de 2019 ajoute toute une galerie de personnages humains plus attachants les uns que les autres. Et bien que les deux enfants, Milly (Nico Parker) et Joe (Finley Hobbins), soient touchants, c'est le père Holt Farrier, qui tire son épingle du jeu. Brillamment interprété par Colin Farrell, dont le jeu tout en émotion s'insère parfaitement dans l'univers de Burton, ce père de famille un peu perdu porte le film en s'éloignant des personnages masculins habituels. Mentionnons aussi Colette (Eva Green), une voltigeuse dont l'alchimie avec Dumbo fonctionne étonnamment bien et le touchant chef de troupe Max Medici (Danny DeVito).
L'autre grand changement du scénario concerne le sujet de la maltraitance des animaux en captivité. Là où le film d'animation ne faisait que l'esquisser, la nouvelle version en fait l'un de ses points forts. Jusqu'à changer la fin de l'original pour appuyer encore plus son propos.

En plus de ces changements, ce qui fait le charme de ce "Dumbo" est la pâte de Tim Burton. Grand défenseur des "freaks", le cinéaste utilise Dumbo comme symbole du traitement des marginaux dans notre société et l'intolérance dont ils sont victimes. Certains diront qu'il se répète, mais Burton arrive à insuffler à ce récit une véritable magie cinématographique en réinventant certaines scènes (les éléphants roses) et à créer de l'émotion à partir d'une histoire connue de tous.

Emotion qui ne serait sans doute pas la même sans le héros du film : Dumbo. L'éléphanteau réalisé entièrement en images de synthèse est impressionnant de réalisme, mais il est surtout d'une mignonnerie absolue. Entre ses petits gémissements, son sourire en coin et son côté gauche, on ne peut que craquer devant le petit Dumbo.

On sent le soin apporté pour redonner vie à Dumbo, il est donc dommage de voir le film parasité par quelques fautes de goûts, comme Michael Keaton qui cabotine plus que de raison, des raccourcis scénaristiques hasardeux et une composition de Danny Elfman sans saveur.

Avec "Dumbo", Tim Burton retrouve sa splendeur d'antan et nous livre un conte familial magique et émouvant. Un hymne à l'amour qui devrait émerveiller petits et grands.

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