Critique film
Publié le 23/10/2018 à 13h44 par Floriane
Halloween
8 /10

Laurie Strode est de retour pour un affrontement final avec Michael Myers, le personnage masqué qui la hante depuis qu’elle a échappé de justesse à sa folie meurtrière le soir d’Halloween 40 ans plus tôt.

40 ans après leur première confrontation signée John Carpenter, Michael Myers et Laurie Strode sont de retour ! Sobrement intitulé "Halloween", ce nouvel opus de la saga produit par Jason Blum ("Get Out", "Split") se présente comme une suite directe du film de 1978, ignorant au passage ses suites et autres remakes. Lors de sa présentation au dernier Festival de Toronto, le film fut acclamé par le public et de nombreux fans. Mais le retour tant attendu de Michael Myers est-il vraiment à la hauteur du mythe ?

La réponse est oui ! Sous l'approbation du maître Carpenter, David Gordon Green ("Joe", "Stronger") reprend la saga en main en revenant aux bases qui ont fait son succès. Oubliez pouvoirs surnaturels et autres rebondissements hasardeux, Green signe un slasher dans la plus pure tradition du genre. Grand fan de l'original, le réalisateur réintroduit l'univers et les personnages d'"Halloween : la nuit des masques" avec le plus grand respect, tout en les amenant vers quelque chose de plus moderne.

L'évolution la plus flagrante concerne le personnage de Laurie Strode (Jamie Lee Curtis). La jeune baby-sitter est devenue une combattante qui attend le retour de son agresseur pour enfin affronter ses démons. Green et ses scénaristes ont transformé le personnage en une femme à l'allure bade-ass, mais qui cache de profonds traumatismes et névroses. Elle a certes survécu à cette nuit cauchemardesque, mais à quel prix ? De retour dans le rôle culte qui l'a rendu célèbre, Jame Lee Curtis livre une performance à la fois féroce et touchante. Elle donne à Laurie une profondeur qui captive autant qu'elle émeut.

En plus d'être une métaphore brillante des survivantes d'agressions, le film opère une inversion des genres (déjà esquissé dans le premier opus), dans lequel les femmes ne sont plus seulement des demoiselles en détresse, mais des combattantes. Même le personnage d'Allyson (Andi Matichak) échappe au cliché de l'adolescente écervelée.

Face à elles, on retrouve un Michael Myers plus violent que jamais. Affublé de son bleu de travail et son célèbre masque, Myers tue (beaucoup) et de manière plutôt trash. Green reprend l'idée de Carpenter d'en faire une figure du mal absolu. Le film va loin dans le sadisme de son personnage pour le plus grand bonheur des amateurs du genre.

Côté mise en scène, Green soigne sa réalisation entre hommages détournés de l'original (la scène du placard) et des scènes innovantes (le plan séquence des tueries). Il arrive à créer des images fortes (la maison de Laurie) que ne renierait pas le maestro Carpenter. John Carpenter qui en plus d'être producteur délégué du film en compose la bande-originale avec son fils, Cody Carpenter. Il reprend le thème célèbre et toujours aussi efficace qu'il avait composé 40 ans plus tôt avec quelques variations.

Véritable retour aux sources de la saga, cet "Halloween" version 2018 est un pur slasher qui utilise intelligemment les codes du genre pour mieux mettre en avant ses personnages, en particulier Laurie Strode incarnée par la toujours aussi impressionnante Jamie Lee Curtis.

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