Critique film
Publié le 08/03/2018 à 12h39 par Floriane
Happy End
6 /10

"Tout autour le Monde et nous au milieu, aveugles." Instantané d’une famille bourgeoise européenne.

Présenté en compétition officielle lors du Festival de Cannes 2017, "Happy End" est le dernier long métrage du réalisateur autrichien Michael Haneke. Connu pour ses ½uvres controversées et violentes, le cinéaste nous plonge ici dans un drame psychologique où l’humour noir pointe le bout de son nez.

A travers le microcosme de cette famille bourgeoise vivant à Calais, Haneke continue son analyse des comportements humains. Mais contrairement à "Bunny’s Video" et "Funny Games", la violence n’est pas frontale. Hormis les séquences sur les réseaux sociaux où les personnages se sentent libres de s’adonner à leurs penchants secrets (désir morbide de la jeune Eve et désir BDSM pour le médecin Thomas), la violence se trouve dans les non-dits de cette drôle de famille où l’hypocrisie règne. Hypocrisie que l’on retrouve dans leur façon de ne pas voir la crise des migrants se déroulant sous leurs yeux, mais aussi hypocrisie au sein du cocon familiale, comme avec le fils (Franz Rogowski), gênant car différent ou encore le père et ses envies suicidaires.

Bien que l’on devine très bien l’intention du metteur en scène avec ce portrait de famille, Haneke nous perd d’un ennui poli dû à des personnages inégaux. Alors que le patriarche (Jean-Louis Trintignant) est touchant, surtout dans son lien avec une autre ½uvre de Haneke ("Amour") et qu’Eve (Fantine Harduin) glace le sang, Thomas (Mathieu Kassovitz) et Anne (Isabelle Hupert) sont trop effacés pour intéresser.

Côté mise en scène, Haneke garde son style de réalisation posée où le cadre prend toute son importance grâce à une composition toujours aussi travaillée. Et bien que le film soit plus "léger" qu’à l’accoutumé pour le réalisateur, le malaise est toujours présent, notamment à cause d’une palette de couleurs froide et une absence de musique pesante.

Avec "Happy End" Michael Haneke continue son étude de la nature humaine dans toute sa noirceur, mais de manière plus retenue.

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