Critique film
Publié le 15/02/2018 à 15h33 par Ciné Vor
La Planète des Singes : Suprématie
10 /10

César et les singes sont confrontés à l'armée d'un colonel humain sanguinaire. Alors que de nombreux singes sont tués, César décide de venger son espèce. Il va ainsi devoir affronter le colonel. Ce conflit déterminera qui contrôlera la planète.

En 2011, Rick Jaffa ("Jurassic World") eu l’ambition de nous conter les origines de la planète des singes, en écrivant un scénario riche en tendresse et en folie, tout en dressant un message préventif fort, sur les ambitions scientifiques qui semblent totalement dépasser l’homme. Un premier film réalisé habilement par Rupert Wyatt ("The Gambler").
Malgré un succès critique et commercial, ce dernier ne fut pas reconduit pour le second volet des aventures de César, et c’est à Matt Reeves ("Cloverfield") que les studios de la Twentieth Century Fox, confièrent cette réalisation. "L’affrontement", est toujours écrit par Rick Jaffa, et sort en 2014. Une suite qui exploite les ravages d’une épidémie ayant atteint la grande majorité de l’humanité, ainsi qu’elle traite de la peur que les hommes, comme les singes, prennent le dessus, l’un sur l’autre. Une suite toujours aussi habile et brillamment mise en scène.

Aujourd’hui, été 2017, nous découvrons le troisième épisode d’une saga de science-fiction épique qui a su trouver son public. Parmi eux, une jeunesse touchée par le message, mais aussi des fans de la première heure. Qu’ils aient lu le roman de Pierre Boule, ou connu la saga cinématographique composée de 5 films et lancée en 1968 avec Charlton Heston ("Ben Hur"). Ou encore, la série TV dans laquelle Roddy McDowall continua d’exercer un rôle de chimpanzé, sous les traits de Galen, et non plus sous ceux de Cornelius. Les fans conquis, nouveaux comme fidèles, devraient sans hésiter, se précipiter dans les salles de cinéma avec un véritable enthousiasme.
Si Tim Burton, s’était essayé à faire revivre le roman de Pierre Boule au cinéma en 2001 avec panache, humour, folie et action. Il n’avait pas su toucher un public aussi large, que celui acquis par cette nouvelle trilogie. La technologie est passée par là, aujourd’hui le maquillage et les masques laissent place au numérique, proposant des singes plus vrais que nature, pour un spectacle des plus bluffants.

Mais que vaut, ce troisième film toujours réalisé par Matt Reeves ?

Franchement, pour être clair, j’avoue être un pur fan de la licence, et ce, depuis tout petit. Je regardais et regarde encore ces classiques de la science-fiction, et comme pour les deux précédents films, je me suis procuré les places très rapidement, pour découvrir en avant-première ce nouvel opus. L’attente fut longue, mais le résultat est sans conteste : à la hauteur de mes attentes... Ils les dépassent même, puisque Matt Reeves, nous offre plus qu’une simple suite, c’est une véritable fresque épique et héroïque.
Le cinéaste nous plonge dès la première minute dans ce nouveau conflit, avec action, rage et folie. César est roi en son peuple, mais les hommes qui veulent sa peau, provoquent certaines trahisons en son sein. Face à César (Andy Serkis), un ennemi dévastateur se dresse avec toute une armée. Un colonel violent et sanguinaire, guidé par la peur et la vengeance, prêt au pire pour arriver à ses fins. Sous les traits du génial Woody Harrelson ("Bienvenue à Zombieland"), ce colonel antipathique, nous révèle toutefois, un visage des plus surprenants, loin des méchants basiques que le cinéma peut nous procurer.

L’intrigue est habile une fois de plus, elle nous entraîne directement auprès des personnages qui ont su nous emballer auparavant, quelques nouveaux faits de vie, se sont produit depuis le combat entre César et Koba, et la forêt ne semble plus être le refuge idéal pour les singes. L’intelligence de l’intrigue se porte sur le fondement des principes pour lesquelles César avait dû affronter Koba, les valeurs auxquelles il croyait viennent semer le doute dans son esprit et dans son c½ur. Comme pour les films de samouraïs d’un certains Akira Kurosawa, le code d’honneur, prend le pas sur la sagesse, la peur sur la tolérance, et la justice devient vengeance. Je me permets cette comparaison, car l’ambiance du film, m’a semblé très proche de l’univers des films de samouraïs, certains décors même, semblent vouloir nous immiscer un peu plus dans cette référence. Le western sauvage aussi, semble avoir inspiré le cinéaste : la traque à cheval, les duels et les plans serrés sur les regards, confirment ce souffle. On a même droit à une référence au péplum, lors d’une scène de révélation, je n’en dirais pas plus.

Vous aurez compris, que le spectacle est intense, mais comment vous dire aussi clairement possible, que la mise en scène est d’une justesse sublime ! Que le traitement de la peur, de la tendresse, de la tolérance et de l’espoir n’ont que trop rarement été si bien traités au cinéma. Que les plans magnifiques qui s’étalent devant nous, laissent pantois, et que le lot de panoramas visuels y est stupéfiant. Le tout est renforcé par des effets spéciaux de plus en plus bluffants et une bande-originale magistrale, signée de Michael Giacchino ("Docteur Strange", "Rogue One"). Jonchée de poésie, d’amour et d’humanité, cette troisième aventure saisissante en tous points, nous propose même une dose d’humour réussi, et bienvenue.

Pour ma part, ce film atteint la perfection, les ingrédients récoltés et exploités, composent un film ambitieux, rythmé, passionnant, héroïque et spectaculaire !
De plus, en tant que fan de la première heure, j’ai su repéré de nombreux éléments scénaristiques qui se lient à merveille avec le film de 1968, et puis, il y a ce plan final...
Ces éléments, je ne les mentionne pas, pour ne pas spoilers, mais ceux qui iront voir le film seront très vite éclairé.
En tout cas, si vous ne l'avez pas encore vu, ne manquez pas ce chef d’½uvre de science-fiction, ce film d’aventure épique, cette fresque monumentale !

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