Critique film
Publié le 21/06/2018 à 11h36 par Kévin Aubin
La Prière
8,5 /10

Thomas a 22 ans. Pour sortir de la dépendance, il rejoint une communauté isolée dans la montagne tenue par d’anciens drogués qui se soignent par la prière. Il va y découvrir l’amitié, la règle, le travail, l’amour et la foi…

Cédric Kahn entre dans le monde du cinéma par la voie du montage à 21 ans. En 1990, il participe à l'écriture du scénario d'Outremer de Brigitte Roüan. Fort de ces expériences, il tourne en 1993 son premier long métrage, Bar des rails, l'histoire d'amour entre un garçon de 16 ans et sa voisine, une jeune mère incarnée par Fabienne Babe. Si le public n'est pas au rendez-vous, la critique loue la fraîcheur et la justesse de ce premier film, sélectionné à Venise. Il tourne ensuite des téléfilms pour Arte avant de revenir au grand écran dans une série d'adaptations qui témoignent d'un bel éclectisme. Ainsi, ils réalisent plusieurs films dans des genres différents. En parallèle, il est aussi acteur dans certains longs-métrages.

En 2018, il revient avec le drame La Prière. Le réalisateur porte à l'écran l'histoire d'une rédemption, celle d'un jeune homme, en insistant sur son cheminement. Que l'on soit ou non croyant et réceptif à la religion, le film n'a pas pour intention de laisser les non-initiés et les personnes athées de côté. Bien au contraire, l'histoire s'offre à tout le monde et est porteuse d'un beau message d'espoir. Cédric Kahn montre le réel apprentissage de Thomas et moins la religion même si elle a place importante dans son parcours. Le spectateur le suit dans sa quête de rédemption pour sa renaissance voire d'une naissance qu'il n'a jamais connue dans le monde. On ressent tout du long ce qu'il a vécu, ce qu'il vit et ce qu'il va vivre. Une quête de soi non sans difficultés et sans embûches, parsemé de doutes, de questions et de tentations où le sentiment d’être véritablement heureux sera encore loin du compte. En tant que spectateur, on est soumis à rude épreuve tant physique que psychologique. Surtout lors de témoignages poignants et à fleur de peau qui sont exprimés, criés, avoués, confiés comme une véritable déchirure en résonnant encore longtemps après comme un ultime appel au secours. Un film poignant et intense de par son récit prenant et non dénué de vérité.

Cédric Kahn magnifie cette histoire avec maestria. La mise en scène profite aux acteurs, les décors naturels mélangent de beauté et de rudesse sont un personnage du film à part entière, la photographie offre des couleurs réalistes sans artifice et la bande-son entre bruits du quotidien, prières et chants est parfaitement adaptée. Une réalisation minutieusement travaillée qui permet au film d'avoir cette "aura" si particulière.

Le film doit beaucoup à son jeune acteur principal, Anthony Bajon, qui dans son premier grand rôle au cinéma crève l'écran. Un acteur lumineux dont on arrive à déceler quelques fractures où le jeu du corps prime sur les dialogues. Une présence quasi hypnotique annonciatrice d'une belle carrière. Pour l'accompagner, Damien Chapelle, jeune acteur belge, est tout aussi bon dans l'interprétation de son personnage. Un jeu subtil où là encore le corps en dit long. Le reste du casting est composé d'acteurs moins connus du public voire novices mais au combien magnifiques dans leurs rôles respectifs.

Pour sa nouvelle réalisation, Cédric Kahn signe un très beau film délivrant un message d'espoir et de vérité bouleversant. On ne peut rester insensible devant une telle œuvre cinématographique. Mention spéciale à la sublime interprétation du jeune acteur Anthony Bajon.

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