Critique film
Publié le 18/12/2017 à 12h33 par Kévin Aubin
Last Call
9 /10

Un chasseur de têtes dont la carrière est à son apogée s'apprête à prendre la tête de son entreprise quand son fils de 10 ans tombe gravement malade.

Mark Williams est producteur de nombreux films dont "Mr Wolff" avec Ben Affleck. Il est également le créateur de la série "Ozark" sortie sur Netflix.

En 2017, il passe pour la première fois à la réalisation avec "Last call". Avec un postulat de départ assez classique, le réalisateur signe un drame touchant riche en émotions. On connaît tous les histoires d'hommes et de femmes qui vivent pour leur boulot au détriment de leur famille maintes et maintes fois adaptées au cinéma. Ici, un quadragénaire, véritable bête au travail, va se retrouver confronter un drame familial qui va changer sa vision des choses. Le spectateur est dès les premières minutes embarqué avec cet homme, bourru de travail, prêt à tout pour en découdre et réussir quelques soient les moyens utilisés. Il est intéressant que le réalisateur concentre autant son attention sur lui. Ainsi, on s'identifie facilement au personnage et on ressent tout ce qu'il vit et va vivre. Viens ensuite l'élément perturbateur qui sonne comme le glas dans le film. Exit l'homme antipathique au profit d'un homme plus à l'écoute de son entourage et tendre envers les siens. Un revirement de situation bien pensé où les émotions du spectateur sont mises à rude épreuve. Il n'est jamais facile d'évoquer la maladie d'un enfant et tout ce que cela va engendrer aussi bien pour l'enfant que pour sa famille et le personnel soignant. Le réalisateur apportant un soin tout particulier à montrer les ressentis de chaque personnage confronté à ce drame. L'histoire va également plus loin dans les messages qu'elle délivrent : la bonne morale, les préjugés, les priorités de la vie, les rapports de couple, la parentalité... Qui sont bien amenés sans aucune lourdeur. Et on ne s'attend pas à tout ce qui se passe et c'est tant mieux, l'effet de surprise étant donc bien présent. Une belle leçon de vie qui nous scotche du début à la fin.

Derrière la caméra, Mark Williams s'en sort très bien et filme une histoire prenante. La mise en scène profite aux acteurs et non sans un certain classicisme, elle demeure accrocheuse, les décors reflètent à la fois la grandeur américaine faisant écho à la suprématie de Dane Jensen et l'intimité d'une famille faisant écho aux moments intimistes du film, la photographie est de bonne facture et la bande-son est adaptée au ton dramatique du métrage.

Gerard Butler dans la peau de Dane Jensen étonne. Dans un rôle à contre-emploi où on ne l'attendait pas forcément, il fait fi de toute l'étendue de son talent d'acteur pour mener le film tout de son long. Un rôle dramatique où il est pleinement investi et qui émeut. Pour l'accompagner, on retrouve quelques acteurs connus du public comme Willem Dafoe et Alfred Molina, ainsi que des actrices plus ou moins connues du public comme Alison Brie et Gretchen Mol. Tous arrivent à tirer leur épingle du jeu et jouent juste comme il le faut. Des personnages auxquels on s'attache et on s'identifie, la force indéniable du film. Mention spéciale au jeune Max Jenkins qui campe le rôle du jeune garçon malade, Ryan.

Pour sa première réalisation, Mark Williams signe un superbe film qui délivre une belle leçon de vie. Un film qui permet à Gerard Butler de briller dans un rôle dramatique. A voir.

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