Critique film
Publié le 17/05/2018 à 18h39 par Floriane
Le Grand Bain
7 /10

C’est dans les couloirs de leur piscine municipale que Bertrand, Marcus, Simon, Laurent, Thierry et les autres s’entraînent sous l’autorité toute relative de Delphine, ancienne gloire des bassins. Ensemble, ils se sentent libres et utiles. Ils vont mettre toute leur énergie dans une discipline jusque-là propriété de la gent féminine : la natation synchronisée. Alors, oui c’est une idée plutôt bizarre, mais ce défi leur permettra de trouver un sens à leur vie...

Après avoir co-réalisé ‘Narco’ et ‘Les Infidèles’, Gilles Lellouche se lance dans sa première réalisation solo avec ‘Le Grand bain’. Présenté hors-compétition au Festival de Cannes, le film qui a le luxe de rassembler un casting impressionnant (Mathieu Amalric, Virginie Efira, Benoît Poelvoorde, Marina Foïs, Guillaume Canet, Philippe Katerine, Leïla Bekhti, etc.), pouvait faire craindre un film à stars enchaînant les vannes faciles.

Mais ‘Le Grand bain’ se révèle être une très bonne surprise. Avec son pitch improbable (une équipe amatrice de natation synchronisée masculine se lance dans un entrainement intensif pour participer au Championnat du monde), Gilles Lellouche évite le piège de l’humour facile. L’auteur-réalisateur-scénariste prend le temps d’écrire et de présenter ses personnages avec sa plume décalée dont le ton est donné dès sa séquence d’introduction narrée par la douce voix de Mathieu Amalric.

En regardant les mésaventures de cette bande d’anti-héros, on pense forcément aux comédies à l’anglaise, comme la cultissime ‘Full Monty’ de Peter Cattaneo. Le scénario mélange intelligemment l’humour au social en décrivant sans lourdeur ou misérabilisme les problèmes de ces hommes de toutes classes confondues. Grâce à son écriture sensible, Lellouche signe des portraits d’hommes imparfaits, mais terriblement attachants et drôle. Car on rit beaucoup dans ‘Le Grand bain’. Entre l’entraineuse Amanda stricte et détestée jouée par une Leïla Bekhti très en forme, les côté enfantin de Thierry (Philippe Katerine) ou encore le survolté Marcus (Benoît Poelvoorde), le film regorge de moments de pure comédie.

L’autre réussite du film est son discours anti-conformisme qu’injecte Gilles Lellouche à son récit. Le réalisateur ne critique jamais les origines sociales de ses personnages. Non, ce qu’il critique ce sont les cases de cette société où chacun est condamné à jouer un rôle défini. Lellouche balance ces conventions et laisse ses personnages s’épanouir à leur façon. Et comme il le dit si bien ‘Un rond peut rentrer dans un carré. Et vice-versa.’

Pour son premier film en solo derrière la caméra, Gilles Lellouche surprend avec ce feel good movie drôle, touchant et qui contient de belles idées de mise en scène. ‘Le Grand bain’ sortira dans les salles le 24 octobre prochain.

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