Critique film
Publié le 09/10/2017 à 12h14 par Floriane
Le Roi Arthur : La Légende d'Excalibur
7 /10

Jeune homme futé, Arthur tient les faubourgs de Londonium avec sa bande, sans soupçonner le destin qui l'attend - jusqu'au jour où il s'empare de l'épée Excalibur et se saisit, dans le même temps, de son avenir. Mis au défi par le pouvoir du glaive, Arthur est aussitôt contraint de faire des choix difficiles. Rejoignant la Résistance et une mystérieuse jeune femme du nom de Guenièvre, il doit apprendre à maîtriser l'épée, à surmonter ses démons intérieurs et à unir le peuple pour vaincre le tyran Vortigern, qui a dérobé sa couronne et assassiné ses parents - et, enfin, accéder au trône...

Après "Sherlock Holmes", le britannique Guy Ritchie s'attaque à une autre grande figure de la littérature : le Roi Arthur. Repoussé à maintes reprises, "Le Roi Arthur : La Légende d'Excalibur" a reçu un accueil glacial en mai dernier lors de sa sortie en salles. Pourtant, le film ne méritait pas ce mépris. On vous explique pourquoi.

Un film décomplexé à l'intérieur du format blockbuster. Distribué par un grand studio (Warner) pour plusieurs millions de dollars, "Le Roi Arthur : La Légende d'Excalibur" est la définition même du blockbuster hollywoodien. On pouvait donc s'attendre à un film "classique" sur Arthur et ses chevaliers. C'était sans compter sans la folie de Guy Ritchie, cinéaste derrière "Snatch" et "Arnaques, crimes et botanique". Ritchie s'amuse à déconstruire les codes des films à grand spectacle en mélangeant les genres. Résultat ? Un film un peu bordélique, mais terriblement intéressant et riche.

Une réadaptation fun d'un mythe poussiéreux. La légende du Roi Arthur et des chevaliers de la table ronde a fait l'objet de nombreuses adaptations. Un film aux allures kitch ("Excalibur" John Boorman), des séries ("Camelot", "Kaamelott", "Merlin"), un récit réaliste et violent ("Le Roi Arthur" de Antoine Fuqua), etc. Guy Ritchie prend le contre-pied de tout ce qui a été vu en réinventant complétement le personnage d'Arthur et son univers. Ici, on est loin du chevalier noble habituel. Arthur est arrogant à la limite du détestable. Mais ce côté irritant, le rend aussi plus humain et donc plus attachant. Il est un homme qui a grandi loin de toute noblesse et qui n'est nullement intéressé par le pouvoir ou l'héroïsme.

La fantaisie. Ritchie s'est fait plaisir avec la magie ! Ce côté fantastique accentué permet au réalisateur de s'éclater dans des scènes de délire pur, comme lors des séquences où Arthur "active" Excalibur.

La mise en scène à la Ritchie. Depuis son premier film ("Arnaques, crimes et botanique") le réalisateur anglais a su imposer son style bien à lui reconnaissable par des dialogues urbains, un montage alternant accélérations et ralentis, une bande originale soignée et un côté déjanté. Pour son Roi Arthur il garde les mêmes ingrédients et la formule marche toujours aussi bien.

La musique. Guy Ritchie retrouve le compositeur Daniel Pemberton déjà à l'½uvre sur son précédent film ("Agents très spéciaux - Code Uncle"). Avec ces morceaux mêlant l'épique à l'organique Pemberton signe sûrement l'une des meilleures soundtracks de l'année !

Charlie Hunnam. Révélé grâce à son rôle de motard dans la série "Sons of Anarchy", l'acteur est parfait pour la vision du personnage par Guy Ritchie. Une vision violente, dangereuse, voire crasseuse. En Arthur bad ass, aussi à l'aise dans les scènes légères que celles de combats, Hunnam est juste génial.

Dommage que toutes ces qualités se perdent dans un final numérique assez laid. On reprochera aussi l'écriture maladroite de certains personnages. En particulier celui de Astrid Bergès-Frisbey qui n'a même pas le droit à un nom...

"Le Roi Arthur : La Légende d'Excalibur" est un film anachronique où se mélange effets de mise en scène pop, musique irish et langage urbain. Un film qui frôle parfois le mauvais goût, mais qui a le mérite de proposer du neuf dans le genre codifié du blockbuster.

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