Critique film
Publié le 12/06/2018 à 14h22 par Kévin Aubin
Monsieur Je-sais-tout
8 /10

Vincent Barteau, 35 ans, entraîneur de foot d'1,92 m, voit débouler dans son quotidien de célibataire invétéré, son neveu, Léo, 13 ans, 1,53 m autiste Asperger et joueur d'échecs émérite. Cette rencontre aussi singulière qu'explosive va bouleverser l'existence de Vincent et offrir à Léonard la chance de sa vie.

François Prévôt-Leygonie et Stephan Archinard se rencontrent sur le tournage du film Le Bossu en 1997. Tous deux sont dramaturges, écrivains et réalisateurs. Ainsi, ils collaborent pour le théâtre avec Amitiés Sincères qu'ils porteront à l'écran dans leur premier long-métrage en 2013. Nommé et récompensé dans plusieurs festivals, ils signent trois ans plus tard la comédie Tout schuss portée par José Garcia.

En 2018, ils reviennent avec Monsieur Je-sais-tout, adapté librement du roman La surface de réparation d'Alain Gillot paru en 2015. Les réalisateurs portent à l'écran un sujet rarement évoqué sur les écrans français, celui de l’autisme Asperger. A partir de cela, ils déroulent une histoire de filiation et de transmission à travers un duo mal assorti. Et cette histoire fonctionne bien en amenant simplement et efficacement un regard sur le handicap tendre et évocateur pour tous. Éveiller les consciences avec un film familial est assurément la bonne idée. On sent de la part des réalisateurs une bonne volonté de bien faire les choses en signant un film certes parfois un peu trop prévisible mais qui respire le vivre-ensemble. Des messages forts y sont délivrés dans des petits moments filmés avec soin et sans fioriture. Le rythme du film est assez lent mais jamais n'ennuie et offre quelques scènes savoureuses, intimistes et dotées d'un humour léger bienvenu. Les rebondissements ne manquent pas et le film n'oublie pas de rester très terre à terre avec une histoire réaliste bien que fictionnelle. Le spectateur s'étonne à se laisser porter simplement par cette histoire touchante qui délivre son petit lot d'émotions. Et quoi de mieux que le rire pour parler d'un sujet aussi important que celui évoqué dans le film. Car il faut bien avouer que des passages sont très drôles. Une petite parenthèse fraîche et qui fait du bien après visionnage.

Cette sensation de bien-être est renforcée par la réalisation de François Prévôt-Leygonie et Stephan Archinard. La mise en scène bien que classique profite avant tout aux acteurs, les décors charentais sont de toute beauté, la photographie avec ses lumières naturelles renforce le sentiment agréable constant tout le long du film et la bande-son distille quelques mélodies adaptées à chaque scène. Une réalisation qui convient parfaitement à ce genre de métrage.

Le film se dote d'un duo qui fonctionne bien à l'écran. D'un côté, Arnaud Ducret dans un rôle à contre-emploi montre une autre facette de son talent d'acteur. On lui découvre une sensibilité étonnante mais qui fait son petit effet face caméra. De l'autre, Max Baissette de Malglaive est parfait dans le rôle de l'enfant autiste qu'il joue à la perfection. Un premier vrai grand rôle où il excelle dans une interprétation déconcertante tant on croirait qu'il est lui-même atteint du syndrome Asperger. On remarquera également la présence d'Alice David, remarquée dans la saga Babysitting, qui même si son rôle est moins important, arrive à tirer son épingle du jeu.

Pour leur nouvelle réalisation, François Prévôt-Leygonie et Stephan Archinard signent un joli petit film dont la seule prétention est de faire passer un bon petit moment familial tout en traitant d'un sujet fort sur l'autisme Asperger. Le divertissement est plaisant à regarder tout en étant intéressant à suivre. A voir.

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