Critique film
Publié le 10/01/2018 à 10h20 par Kévin Aubin
The Road Within
8 /10

Vincent est atteint du syndrome de la Tourette. Il vient de perdre sa mère et se retrouve ainsi face à son père avec qui il est en froid depuis quelques temps. Ce dernier craignant que son fils vienne compromettre sa carrière politique, il envoie Vincent dans une clinique spécialisée. Sur place, le jeune homme fait la connaissance de Marie, une jeune anorexique dont il tombe amoureux. Ensemble, ils décident de s'enfuir, entraînant malgré eux Alex, le colocataire de Vincent, qui souffre de TOC. Le trio s’embarque alors dans un voyage inoubliable, dont le but est de répandre les cendres de la mère de Vincent dans l'océan.

Gren Wells débute sa carrière dans le cinéma comme actrice en jouant dans des films indépendants dont Man About Tom, qui a remporté le prix du meilleur court métrage au Festival du film de Sundance. Par la suite, elle se lance dans le stand-up et écrit son premier film, A Little Bit of Heaven.

En 2014, elle réalise son premier long-métrage avec The Road Within. Il s'agit d'un remake du film allemand Vincent, ses amis et sa mère, sorti en 2010. Cette comédie dramatique est ce que l'on appelle un "feel good movie", un film qui fait du bien. En forme de road-movie, ce voyage initiatique de trois jeunes atteints d'une maladie différente est une bouffée d'air frais. Ou comment aborder un sujet complexe avec humour et légèreté. Impossible de ne pas se prendre d'affection pour nos trois héros que tout oppose mais qui vont apprendre à vivre ensemble, à se rapprocher. De l'humour, des rebondissements, des moments intimes et de l'émotion sont au rendez-vous tout au long de ce voyage. La réalisatrice nous plonge dans le simple quotidien de trois patients qui doivent faire face à leur condition, leur maladie et le rapport à l’autre que cela inclut. C’est alors l’évolution des rapports entre les personnages qui devient essentiel. Exit l'information sur la maladie, son origine ou sur les traitements possibles. Un récit emprunt d'humanité abordant des thèmes difficiles avec intelligence où l'humour est le remède à tous les maux. Et on comprend très vite à quel point le handicap à défaut d'être handicapant peut être un moteur dans la vie, une force. Ainsi, on sent l'alchimie entre les personnages et la complicité naissante entre eux où se dégage une énergie communicative et de vrais moments d'émotion.

Gren Wells saisit chaque instant de cette histoire et la filme avec brio. La mise en scène profite aux acteurs, les décors grandeur nature aspirent à l'évasion, la photographie lumineuse aux couleurs chatoyantes apporte cette fraîcheur omniprésente et la bande-son est plaisante à écouter. Une réalisation efficace qui permet au spectateur de faire un petit bout de chemin en compagnie de Vincent, Alex et Marie.

La réussite du film est pour beaucoup dans l'interprétation des acteurs. Un trio atypique composé de Robert Sheehan, Dev Patel, Zoë Kravitz. Indissociables, tous les trois mènent le film tout de son long avec un jeu d'acteur impeccable. Ils sont pleinement investis dans leur rôle respectif et ça fait plaisir à voir. Les rôles secondaires n'étant pas en reste avec de très bonnes interprétations de Robert Patrick et Kyra Sedgwick.

Pour sa première réalisation, Gren Wells signe un film magnifique avec une histoire touchante. A la fois frais, léger, drôle et divertissant, le film est emmené par trois acteurs formidables. A voir.

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