Critique film
Publié le 05/01/2018 à 12h52 par Kévin Aubin
Tout Nous Sépare
7 /10

Une maison bourgeoise au milieu de nulle part. Une cité à Sète. Une mère et sa fille. Deux amis d’enfance. Une disparition. Un chantage. La confrontation de deux mondes.

Thierry Klifa entre dans l'univers du Septième Art par la voie du journalisme. En 1991, il intègre la rédaction de Studio magazine aux côtés d'autres futurs cinéastes qui ont pour nom Marc Esposito ou Denis Parent. Il passe de la théorie à la pratique en signant son premier long-métrage en 2004, Une vie à t'attendre, qui connaît un joli succès en salles. Après ce coup d'essai dans lequel transparait l'amour du cinéaste pour ses acteurs, il signe deux autres longs au casting riche composé d'une pléiade de stars.

En 2017, il revient avec Tout nous sépare, à la fois drame et thriller. Dans son nouveau film, Thierry Klifa explore la dualité avec une construction narrative qui confronte deux histoires, et surtout deux mondes. Le milieu des banlieues avec les petits caïds et celui de la bourgeoisie bien établie. Une confrontation qui s'il n'est pas nouvelle au cinéma, permet à l'histoire de se renouveler au fur et à mesure de son déroulement. Ainsi, le film se décompose en trois actes : la relation amoureuse tumultueuse entre un caïd profiteur et une jeune femme issue de la bourgeoisie meurtrie par la vie, la relation inattendue entre un caïd à la vie plus complexe qu'elle n'y paraît et une vieille femme bourgeoise protectrice et aidante, et le dénouement. Un premier acte efficace qui laisse attendre deux autres actes tout aussi percutants mais qui malheureusement ne sont pas aussi prometteurs. Non pas qu'ils soient moins intéressants à suivre mais ils manquent un peu de relief et de rebondissements. Les différentes relations entre les personnages centraux du film sont bien amenées et exploitées mais peut-être un peu trop simplement voire facilement. Plus le film avance plus le manque d'épaisseur dans l'histoire se fait sentir, et en tant que spectateur on reste un peu sur notre faim. Même s'il faut bien avouer que le film est ancré dans une réalité actuelle montrée sans artifice, et c'est indéniablement la grande force du métrage.

On sent que Thierry Klifa manie habilement la caméra. La mise en scène profite aux acteurs, les décors sont bien choisis pour montrer cette dualité entre la banlieue et la bourgeoisie, la photographie est très contrastée et participe à créer une ambiance sous tension quasi-constante et la bande-son est soignée. Une réalisation de qualité qui arrive malgré quelques défauts à immerger le spectateur dans le film.

Les acteurs tiennent une place centrale et sont incontestablement a grande qualité du film. Catherine Deneuve est comme toujours impériale avec une présence électrisante à l'écran. Surtout elle laisse libre cours au jeu des autres acteurs sans jamais trop les éclipser. Diane Kruger que l'on a plaisir à retrouver dans un film français est très juste dans un rôle de femme meurtrie par la vie. Nicolas Duvauchelle est assez fascinant dans un rôle de caïd profiteur taillé pour lui où il excelle. Mais la véritable révélation du métrage est sans aucun doute Ken Samaras alias Nekfeu. Pour son premier grand rôle au cinéma, il surprend et arrive à tenir tête à des acteurs plus expérimentés que lui.

Pour sa nouvelle réalisation, Thierry Klifa signe film honnête et efficace qui malgré ses défauts est appréciable à regarder. L'atout principal du film étant son casting composé d'acteurs tous très impliqués.

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