Critique film
Publié le 09/03/2018 à 11h32 par Kévin Aubin
Tueurs
7,5 /10

Alors que Frank Valken réalise un casse fabuleux, un commando de tueurs entre en action et exécute tous les témoins. On relève parmi les cadavres celui de la magistrate qui enquête sur l’affaire des Tireurs fous. Trente ans plus tard, ils semblent être de retour. Arrêté en flagrant délit et face à la pression médiatique, Frank n’a d’autre choix que de s’évader pour tenter de prouver son innocence.

Jean-François Hensgens est directeur de la photographie et à ½uvré sur de nombreux longs-métrages franco-belges. François Troukens est quant à lui n gangster repenti, bien connu du grand banditisme belge. Il s'est formé à la littérature et aux métiers du cinéma durant son séjour derrière les barreaux. C'est là que le futur réalisateur a puisé son inspiration pour ce polar, utilisant son expérience pour nourrir son scénario.

En 2017, François Troukens et Jean-François Hensgens signent leur première réalisation avec Tueurs. Le film s'inspire d'un fait réel qui n'a jamais été élucidé en Belgique, l'affaire des tueurs du Brabant. D'emblée le spectateur est plongé dans la descente aux enfers d'un groupe de truands. S'en suit une enquête policière et un jeu de faux-semblants amenant à de multiples rebondissements. Sur 1h20 de temps, le rythme est mené tambour battant avec des scènes d'action bien orchestrées. Des scènes dures et sans concession où on sent que l'on n'est pas là pour rigoler et c'est tant mieux. Cette véracité apporté au propos en allant directement à l'essentiel dans chaque moment est efficace et permet au spectateur d'être scotché tout du long. Dans le genre, on apprécie cette violence et cette authenticité sans aucune retenue. On sent une réelle volonté des réalisateurs de rendre leur film le plus vrai possible sans enjoliver les situations. Exit le tape à l'½il ricain au profit d'un réalisme saisissant. L'histoire est plutôt bien construite avec notamment une entrée en matière qui repose sur un double flashback intéressante. Le scénario est donc bien écrit avec certes quelques facilités et des éléments complexes plus ou moins utiles mais qui dans l'ensemble se suit bien, et avec intérêt. Le souci du détail et le vécu d'un des deux réalisateurs fait dans ce film toute la différence.

François Troukens et Jean-François Hensgens s'en sortent très bien derrière la caméra. La mise en scène est nerveuse et brute de décoffrage, les décors sont faits pour immerger totalement le spectateur dans ce polar inspirée de faits réels, la photographie aux couelurs froides et pâles est là pour asseoir encore plus cette ambiance tendue qui ne fait que croitre tout le long du film et la bande-son aux sonorités rap est bonne. Une réalisation efficace qui va droit à l'essentiel.

Le casting est composé quasiment que d'acteurs belges. Des acteurs peu connus voire inconnus du grand public. On retrouve tout de même Olivier Gourmet en tête d'affiche. L'acteur joue très bien son rôle et arrive à mener le film tout de son long. On retrouve également Bouli Lanners, dans un rôle qui lui va très bien. On sent une implication sans faille des acteurs belges et un jeu authentique de chacun d'eux.

Pour leur première réalisation, François Troukens et Jean-François Hensgens signe un polar efficace qui n'a rien à envier aux films du même genre. Un film sec, brut, violent et sans concession qui ravira les fans du genre. Et qui prouve que le cinéma belge est toujours en très grande forme.

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