Critique film
Publié le 04/12/2018 à 11h49 par Kévin Aubin
Un Homme Pressé
8,5 /10

Alain est un homme d’affaires respecté et un orateur brillant. Il court après le temps. Dans sa vie, il n'y a aucune place pour les loisirs ou la famille. Un jour, il est victime d'un accident cérébral qui le stoppe dans sa course et entraîne chez lui de profonds troubles de la parole et de la mémoire. Sa rééducation est prise en charge par Jeanne, une jeune orthophoniste. À force de travail et de patience, Jeanne et Alain vont apprendre à se connaître et chacun, à sa manière, va enfin tenter de se reconstruire et prendre le temps de vivre.

Hervé Mimran commence sa carrière au cinéma comme assistant opérateur avant de travailler pour la télévision en réalisant les émissions « La Minute Blonde » entre 2004 et 2006. C’est d’ailleurs en 2006 qu’il signe le scénario de de Comme t’y es belle ! et qu’il fait la connaissance de Géraldine Nakache. Quatre ans plus tard, ils réalisent ensemble Tout ce qui brille qui remporte plusieurs prix et permet de révéler toute une nouvelle génération d’acteurs. En 2012, il réalise en solo cette fois-ci Nous York, traitant à nouveau de l’amitié, dans lequel il retrouve une nouvelle fois Géraldine Nakache qu’il met en scène.

En 2018, il revient avec la comédie dramatique Un homme pressé, adapté du roman « J’étais un homme pressé » de Christian Streiff. Une bouffée d’air frais à la fois tendre et humaine pour un bon moment de cinéma en perspective. Le réalisateur invite le spectateur à s’interroger sur le temps qui passe mais aussi sur le rapport aux autres dans ce qui pourrait s’apparenter à une fable. On suit un homme à qui tout réussi et qui du jour au lendemain voit sa vie basculer à cause d’un AVC. Ce qui arrive à cet homme pourrait arriver à n’importe lequel d’entre nous et c’est donc avec intérêt et attachement que l’on suit son histoire. Une histoire hantée par la perte d’une partie de soi et la nécessité de reconquérir un chemin où il faut laisse le temps au temps. Une belle réflexion sur la vie et ce qui nous entoure où le spectateur passe par différents stades émotionnels entre rire et larmes. Le film enchaînant les séquences intimistes riche en émotions avec des dialogues finement écrits et des moments plus légers où l’humour est bien senti. On ne s’ennuie pas une seule seconde, l’ensemble étant parfaitement rythmé. On ne peut qu’être touché par cette histoire sensible qui dès qu’on sort de la salle de cinéma, nous fait voir la vie un peu autrement.

Hervé Mimran est très habile derrière sa caméra et signe une réalisation de qualité. La mise en scène profite indubitablement aux acteurs, les décors parisiens sont de bonne facture, la photographie en utilisant la lumière naturelle assoie la véracité du récit et la bande-son porte le film vers l’optimisme et la renaissance et fait du bien aux oreilles.

Fabrice Luchini est ici au sommet de son art, en un mot il est magistral. Avec un jeu impeccable et tout en retenu, il impressionne par son talent et prouve une fois encore qu’il est l’homme de tous les défis. Pour l'accompagner, on retrouve la toujours aussi talentueuse Leïla Bekhti dans un rôle tendre et attachant. Sa beauté naturelle resplendissant sur chaque plan. Les autres acteurs ne sont pas en reste notamment la jeune actrice Rebecca Marder qui campe la fille de notre héros et joue impeccablement, et Igor Grotesman qui campe un infirmier décalé et apporte la touche d'humour qu'il faut.

Pour sa nouvelle réalisation, Hervé Mimran signe une belle ode à la vie toute en simplicité avec son lot d'émotions et d'humour bienvenu. Un petit film rondement mené et très efficace où Fabrice Luchini y fait des merveilles. A voir.

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