Critique film
Publié le 22/03/2019 à 11h18 par Kévin Aubin
Venom
6 /10

Possédé par un symbiote qui agit de manière autonome, le journaliste Eddie Brock devient le protecteur létal Venom.

Ruben Fleischer est un réalisateur américain qui se fait remarquer en 2009 avec Bienvenue à Zombieland, succès surprise du box-office américain. Il change de registre en 2013 avec le film d’action Gangster Squad qui est un succès commercial. Il officie également à la télévision sur la série Santa Clarita Diet qu’il produit et dont il réalise quelques épisodes.

En 2018, il est choisi par Sony pour mettre en scène Venom, premier film du « Sony’s Marvel Universe ». En partenariat avec Marvel, Sony lance son univers de films de super-héros pour le meilleur mais surtout pour le pire. Alors que les superproductions Marvel se succèdent avec succès, ce film centré cette fois-ci sur un antagoniste aux héros est loin de remporter l’adhésion. Assumant son allure de série B, le métrage accumule les faiblesses : histoire fade et sans grand intérêt, bluette amoureuse inutile, humour poussif et CGI à outrance. Si le divertissement est bien là, le spectateur n’est guère surpris par l’ensemble du film déjà-vu. Le scénario semble avoir été charcuté pour aller droit à l’essentiel au risque de faire vite et malheureusement pas bien. Certaines séquences sont trop vite expédiées quand d’autres ne servent pas le récit. L’action est bien présente et est plutôt bien orchestrée quoique parfois un peu illisible. Les dialogues ne volent pas bien haut et visuellement il y a de bonnes choses mais aussi quelques maladresses. De plus, le film pâtit d’un rythme déséquilibré entre des moments spectaculaires bienvenus et des moments d’accalmie n’ayant que peu d’incidence sur le film. Ne durant qu’une heure trente, on sent que le réalisateur fait des choix pour remplir son film avec un maximum d’éléments mais cela n’est pas très convaincant. Sûrement que le studio a dû lui mettre la pression pour sortir un film bien emballé mais dont le fond manque cruellement. Avec un énorme budget, on se demande comment un tel raté peut être encore possible aujourd’hui. Après tout n’est pas à jeter mais le résultat n’est pas à la hauteur des attentes.

Ruben Fleischer semble désemparé par la réalisation de ce film. La mise en scène est brouillonne, les décors sont de bonne facture, la photographie est sombre avec des couleurs ternes et permet d’entrer un tant soit peu dans l’univers du film et la bande-son est plutôt pas mal. Une réalisation en demi-teinte donc.

Tom Hardy campe Venom et même si l’acteur a prouvé sur ses précédents films qu’il savait à peu près tout jouer, on se demande ce qu’il est venu faire dans cette galère. L’acteur est en roule libre et essaye tant bien que mal de sauver le film du naufrage. Un rôle dispensable qui ne marque pas les esprits. Michelle Williams est la touche féminine du métrage mais elle aussi ne bénéficie pas d’un rôle lui permettant d’exploiter tout son talent. L’actrice fait le minimum syndical au vu du personnage qu’elle hérite. Le méchant est campé par Riz Ahmed et là encore l’acteur ne brille pas voire est transparent. La faute à un personnage creux dont l’acteur n’est pas responsable tant il est capable de très bien jouer. Pour ce qui est des seconds rôles, certains sortent du lot mais dans l’ensemble ils ne sont jamais assez exploités.

Pour sa nouvelle réalisation, Ruben Fleischer signe un blockbuster qui s’il divertit est loin du résultat escompté. Un film qui manque de beaucoup trop de choses pour sortir du lot et venir au même niveau que les superproductions Marvel. Pour ce qui est du casting, chacun fait ce qu’il peut pour mener le film à bien sans plus.

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