Critique film
Publié le 13/07/2018 à 12h37 par Kévin Aubin
Volontaire
8 /10

Laure a 23 ans. Elle se cherche. C’est dans la Marine Nationale qu’elle va trouver un cadre, une structure, des repères. Solide et persévérante, elle va faire son apprentissage et découvrir sa voie.

Hélène Fillières apparaît dans les premiers travaux de sa s½ur aînée. Elle gagne sa vie comme traductrice et en tant que mannequin tout en jouant dans quelques films. Continuant à être dirigée par sa s½ur, elle fait son chemin jusquà être nommée en 2002 au César du Meilleur espoir féminin pour son rôle dans Reines d'un jour. Elle trouve l'un de ses rôles les plus marquants à la télévision dans Mafiosa.
Elle passe pour la première fois derrière la caméra en 2013 avec Une Histoire d'amour, d'après un roman évoquant la sulfureuse affaire Edouard Stern. Par la suite, elle se fait plus rare sur les écrans.

En 2018, elle signe son nouveau long Volontaire, se déroulant dans le milieu militaire et voyant une jeune recrue déterminée à s'imposer dans cet univers viril. Une comédie dramatique qui explore la question du pouvoir et montre comment les femmes peuvent trouver leur place dans un milieu masculin. En suivant cette trame narrative, l'histoire du film en devient passionnante dans le sens où elle montre l'armée sans en faire l'apologie à travers Laure. Et c'est justement cette jeune femme à en devenir que l'on suit avec intérêt tout du long à laquelle on s'identifie très facilement. La réalisatrice explore dans son intime ce personnage où derrière son volontariat se cache une femme qui vibre tout autant que chacun de nous mais qui ne peut pas montrer ses émotions librement. Ainsi, le film saisit le parfait équilibre entre mettre à jour l'armée et en montrer les rouages en insistant sur la virilité féminine, et un aspect plus romanesque sur la vie de Laure en dehors de l'armée tant sur le plan physique que psychologique. Le rythme du film prend le temps de montrer les choses telles qu'elles sont, les dialogues sont bien écrits et l'histoire même fictionnelle est criante de vérité. Ce que l'on retient est la grande justesse du déroulement de l'ensemble du film et même si l'aspect promotionnelle de l'armée peut rebuter certains, il est ici amené avec intelligence.

Hélène Fillières prouve avec ce deuxième film qu'elle manie habilement la caméra. La mise en scène est certes classique mais dans le bon sens du terme, les décors grandeur nature de l’École des Fusiliers Marins de Lorient et de l’École Navale de Brest sont somptueux, la photographie très claire avec des tons légèrement pâles est parfaitement adaptée et la bande-son profile des mélodies qui font bien évidemment écho à l'armée. Une réalisation soignée qui fait plaisir à voir.

Diane Rouxel est l'actrice qui porte le film et elle force l'admiration. Le contraste entre la grâce de son visage et la puissance de son déterminisme est touchant et elle est à la fois douée et instinctive. Elle s'est préparée physiquement pour le rôle et sa crédibilité à l'écran n'est en que plus renforcée. Pour l'accompagner, c'est le grand Lambert Wilson qui impose de sa prestance. Dégageant quelque chose d'insaisissable voire d'impénétrable, il fait fi de peu de dialogues et réussit à faire tout transparaître sur son visage. Un rôle à sa mesure en somme. Les seconds rôles sont tout aussi convaincants et apportent à leur façon leur pierre à l'édifice du métrage.

Pour sa nouvelle réalisation, Hélène Fillières signe un film de très bonne facture passionnant à suivre et puissant dans la psychologie et l'émotion de ses personnages. Le duo Rouxel/Wilson est juste parfait. Un bon et beau petit film français.

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