Test jeu vidéo
Publié le 20/02/2024 à 15h49 par Pikminouchon
CRYMACHINA
6,5 /10
PLATEFORME
ÉDITEUR DU JEU VIDÉO

ACTION RPG

Le dévelopeur japonais Furyu revient avec un nouvel Action-RPG sur Switch, dont le nom peut laisser penser qu'il existe un lien avec l'une de ses précédentes productions, Crystar...
Comme souvent avec cette boîte, on se retrouve avec un jeu d'action bavard où le côté visual novel n'est jamais bien loin...Le problème vient ici du fait que Cry Machina n'est pas traduit en français et, surtout, qu'il contient beaucoup d'élèments psychologiques voire techniques souvent obscurs pour les profanes.
Il faut dire que le sujet s'y prête particulièrement : l'Humanité a disparu totalement et les machines ont, sans surprise, pris leurs place. Huit entités, les "Dei ex Machina" tentent de reprendre le flambeau et l'une d'elle, Enoa va développer un lien très étroit avec un androïde particulièrement prometteur : Leben. Grâce à ses talents, l'espèce humaine s'apprêterait-elle à renaître sous une nouvelle forme ?
En somme, tout est question de psyché, d'introspection et de ce qui distingue l'homme de la machine. Rien de bien nouveau, ce genre de mise en abîme a largement été défriché par de nombreux jeux vidéos, à commencer par la série des Nier... Coupons court au suspense : "Cry Machina" est très loin de son glorieux modèle mais tire quand même son épingle du jeu...

Commençons par l'action : c'est clairement l'aspect le plus réussi du jeu. Vous commencerez par incarner le robot Leben (mais deux autres seront disponibles un peu plus tard...) et vous serez épaulé par Enoa, la Deus Ex Machina qui vous a pris sous son aile. Les combats se font en temps réel, simplement : deux boutons pour les attaques, les coups spéciaux sur les tranches, un système de garde et un autre d'esquive. Il y a même un saut ! Enoa peut vous soigner à la demande mais il faudra gagner de l'expérience pour pouvoir le faire à plusieurs reprises, ce qui est également le cas pour les 3 autres compétences de soutien proposées.
Votre avatar peut changer d'arme, les faire évoluer, y ajouter des modules (et autant de compétences...)... Ce système est certes classique, mais il a fait ses preuves, d'autant que les combats sont toujours fluides malgré la belle quantité d'ennemis affichés simultanément et les nombreux effets spéciaux. Néanmoins, les décors sont quand même très basiques, en plus de se montrer répétitifs : chaque univers a beau être divisé en 3 missions distinctes, tout est très semblable. Bien entendu, au terme de la dernière mission, il faudra affronter un boss, bien souvent l'un des 7 Dei Ex Machina qui vous a pris en grippe. Si vous jouez en mode « Normal » (il existe aussi un niveau de difficulté "Casual"...), sachez qu'il faudra être attentif aux patterns d'attaques : les boss font vite mal ! La solution, sinon, est de farmer des points d'expérience en refaisant certaines missions précédentes... De toute façon, cette démarche sera à adopter tôt ou tard dans la seconde moitié du jeu, sensiblement plus difficile.

Entre deux sessions de baston, vous devrez vous coltiner de longues cinématiques, très bavardes : certaines sont indispensables à l'histoire, car introduisent de nouveaux élèments, d'autres sont clairement là pour allonger artificiellement la durée de vie... On a l'habitude dans les J-Rpg, mais quand même ! C'est surtout là que l'on regrette l'absence de traduction française car, quand Cry Machina est dans ses meilleurs moments, le propos est vraiment riche et intéressant, même s'il ne parlera qu'à une toute petite frange de joueurs... Mais dans l'ensemble, ces phases d'exposition sont laborieuses car très statiques : difficile de s'y passionner réellement.

Artistiquement, c'est en demi-teinte également: on a bien apprécié l'esthétique générale du jeu avec des univers épurés et élégants, même si tout cela est froid et austère, cyber-intrigue oblige. Le chara-design, très féminin et blindé de fan service peut également attirer le joueur fan d'anime... Pour autant, on sent bien que le budget étriqué du jeu n'a pas joué en sa faveur, la répétition des décors en témoigne. Il en résulte fatalement, une certaine redondance tout au long de la partie... Comme souligné plus haut, c'est surtout l'animation en combat qui épate : elle est toujours fluide, en 30 fps, et ne flanche pas quand les ennemis pullulent. En revanche, l'affichage s'en ressent : sur Switch, le jeu reste flou et pixellisé en mode nomade. Sur grand écran, là encore, on sent que l'anti-aliasing ne suit pas : c'est moins moche et on a vu bien plus beau sur ce support !

Au final, à qui s'adresse cette nouvelle production de Furyu ? Clairement à une niche de joueurs : il faut aimer le contexte, l'univers, le propos. Il faut se satisfaire d'une narration (trop) classique et parfois anecdotique. Enfin, il faut faire fi de cette construction trop mécanique alternant, basiquement des phases de Visual Novel peu inspirées et des phases d'action efficaces mais sans éclat. En somme, "Cry Machina" est un jeu objectivement bon, mais noyé par une concurrence plus audacieuse, plus aggressive et, souvent, plus pertinente. Pas de quoi faire de l'ombre à "Nier Automata"...
+
LES POINTS FORTS
LES POINTS FAIBLES
-
+ L'HISTOIRE GÉNÉRALE, INTÉRESSANTE

+ UNE ANIMATION FLUIDE ET SOLIDE

+ DES COMBATS PLEINS DE PUNCH ET RÉUSSIS

+ UNE MONTÉE EN PUISSANCE APPRÉCIABLE
- ASSEZ LAID SUR GRAND ÉCRAN

- MISE EN SCÈNE : ZÉRO

- DU FARM, INÉVITABLEMENT...

- PAS DE VF !
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