Test jeu vidéo
Publié le 12/05/2021 à 16h39 par Pikminouchon
Resident Evil : Village
8,5 /10
PLATEFORME
ÉDITEUR DU JEU VIDÉO

SURVIVAL HORROR

Pauvre Ethan Winters ! Le petit dernier dans la famille "Resident Evil" ne se voit décidément rien épargner... Après ses déboires dans un "Resident Evil 7" aussi gore qu'éprouvant (surtout au début...), le voici plongé dans un nouveau cauchemar dont seul Capcom a le secret !
A peine remise de son éprouvante virée en Louisiane, la famille Winters semble couler des jours heureux en Europe de l'Est. Mais les démons rôdent encore : brutalement, Mia, la femme d'Ethan est abattue par un Chris ténébreux (et toujours à la recherche de son chara-design ultime). Quant à la petite Rose, le bébé des Winters, elle est kidnappée. Un coup de crosse derrière la tête plus tard, Ethan se retrouve seul, de nuit et sous la neige, dans un bien étrange village où les ploucs ont été remplacés par des lycans, assoiffés de sang. Accessoirement, il semble que sa réputation le précède : tout le monde le connaît déjà...

Vous l'avez deviné : ce nouvel opus ne s'embarrasse pas de la moindre cohérence scénaristique, à l'image de cette série culte du survival horror. L'essentiel est de dépayser le joueur et de l'immerger dans une histoire rocambolesque et terrifiante tout au long d'une bonne dizaine d'heures, intenses. Balayons d'emblée un point clé de ce RE8 : non, il n'est pas aussi effrayant que le précédent épisode (l'absence de compatibilité VR y est aussi sans doute pour beaucoup) et, oui, Capcom a appris de ses erreurs pour cette nouvelle itération.

Si les (més)aventures d'Ethan sont toujours vues à la 1ère personne (on ne voit que ses mains...) et la jouabilité d'ensemble de RE7 a été globalement préservée, il faut bien reconnaître que "Village" fait beaucoup penser à l'entrée en matière de "Resident Evil 4". L'ambiance rappelle beaucoup le pueblo des Ganados, la neige en plus, les paysans ont mal tourné et vivent comme au Moyen-âge. A se demander si les développeurs de Capcom ne verraient pas notre vieille Europe comme une relique qui en restée coincée au début du siècle dernier ! Cette Roumanie de pacotille est figée dans un état de délabrement et de dénuement qui frise l'insulte mais il faut bien reconnaître que cette direction artistique fait souvent mouche.

En parallèle, Capcom a cette fois-ci travaillé en profondeur les environnements traversés : dans RE7, le jeu se résumait à 3 ou 4 zones, bien distinctes. Ici, on ne compte plus les décors différents, tous superbement détaillés grâce à des textures de premier choix (à quelques vilains raccords sur la neige près...). Le grand prix revenant très certainement au château des Dimitrescu, exploré dès le début de cette aventure et ayant largement servi à la promotion et au marketing de ce nouvel épisode. Hélas, le château (et ses occupants) sera vite expédié pour laisser la place à 3 autres grandes zones (plus une bonus...) : ce n'est pas forcément un défaut mais on aurait aimé que cette figure imposée de tout bon "Resident Evil" qui se respecte nous parvienne à la toute fin de l'histoire. Surtout que Lady Alcina Dimitrescu, l'immense duduche au chapeau, façon "Madame de Fontenay version XXL", s'avère être un personnage extrêmement réussi et flippant. Elle n'est pas toutefois la seule au rayon bad-guys : ses frères et sœurs (vous comprendrez en jouant...) ont également fait l'objet d'un soin particulier. Tous très différents, ils sont surtout l'occasion pour Capcom de varier les plaisirs et plonger Ethan dans des situations très diverses... Mention spéciale à la demeure des Beneviento, le niveau de la poupée, tout droit sorti d'un "Silent Hill", qui permet à Resident Evil de nous entraîner dans d'effrayantes situations freudiennes assez uniques pour cette série !

Mise à part le village (qui fait office de hub central desservant toutes les autres zones et renfermant de nombreux secrets...), RE8 louche du côté du 4ème opus concernant l'inventaire et le marchand. L'inventaire, tout d'abord, reprend l'idée d'un damier avec des objets occupant un certain volume et donc un certain nombre de cases : il faut régulièrement jongler et arranger au mieux l'espace alloué. Exit le coffre magique de la plupart des épisodes, dont le 7. Au pire, le marchand local vous offrira davantage d'espace, moyennant finance. Surnommé le "Duc", ce protagoniste mercantile remplace le mystérieux VRP du 4, celui qui vous qualifiait gentiment de "Stranger" à chaque rencontre. Dans "Village", le Duc est un personnage haut en couleurs, étrange et pourceau. Son design est clairement décalé (ainsi que sa synchro labiale...) et il réserve de belles surprises car vous le trouverez souvent aux endroits clés du jeu. Mieux, il vous donnera souvent la marche à suivre, entre deux sauvegardes sur la machine à écrire...
Le jeu alterne classiquement les phases d'exploration avec celles d'action... Les énigmes et autres petits puzzles répondent toujours à l'appel et invoquent parfois le moteur physique pour être résolus. On aime bien jouer avec les encensoirs enflammés pour les rabattre sur un ennemi justement inflammable. Mais on aime moins ces petits jeux d'adresse où il faut guider une boule sur un circuit peu lisible... Dans tous les cas, un peu de variété entre deux fusillades, ça ne nuit jamais !

"Village" regorge donc d'endroits à explorer et de petits secrets à découvrir. Parmi les nombreux trésors disséminés, se cachent aussi des petits boucs porte-bonheur en bois et des artefacts à associer... Le Duc se fera d'ailleurs un plaisir à vous racheter les plus précieux, ce qui permettra rapidement d'étoffer son arsenal ou de l'améliorer. Un peu trop, même : si le début du jeu est parfois crispant, faute de puissance de feu ou de munitions, la tension se relâche hélas au fur et à mesure que vos pétoires gagnent en patate. Si vous vous sentez encore un peu faiblard, vous aurez en plus la possibilité de crafter des munitions ou des soins avec les matériaux lootés, et pourrez cuisiner de bons petits plats auprès du Duc pour améliorer définitivement vos stats (barre de vie, garde améliorée, etc...). Néanmoins, on peut aussi se la jouer plus hardcore en ignorant tout simplement ces petits artifices et s'en tenir au pistolet ou au fusil de base. Voire au couteau.

Si RE8 sait mettre Ethan dans des situations désespérées, au risque de le rendre "indestructible" aux yeux du joueur (il se remet prestement de toutes les atrocités qu'il endure...), c'est grâce à un bestiaire entièrement renouvelé. En plus des 4 boss iconiques, des ennemis toujours plus hirsutes ou répugnants vous feront face : les lycanthropes, bien entendu, mais aussi des créatures bien moins identifiables mais toujours très réussies. Cela fait en tout cas beaucoup de bien de constater que les créatifs de chez Capcom ne se sont pas endormis sur leurs lauriers depuis le septième épisode : exit les zombies devenus tellement ringards...

Côté réalisation, ce jeu a été testé sur une PS4 fat et le résultat est probant : les graphismes sont splendides et rendent justice à l'incroyable travail des développeurs. Plus encore que dans RE7, la variété est de mise et c'est un succès total, en particulier le Village lui-même et le château de Dimitrescu, encore lui ! Les dorures et le gothique lui vont si bien... D'autres environnements ne manquent pas d'éclat (comme l'usine ou le lac artificiel par exemple), et sont bien souvent mis en valeur par de très beaux effets de lumière, en particulier quand on sort d'un endroit sombre et que l'on se retrouve brusquement à l'air libre. Un régal ! Parfois, un peu de clipping se fait sentir à l'horizon du Village ou bien quelques textures se la jouent "en retard" à l'affichage, mais rien de méchant. Signalons néanmoins l'apparition d'ascenseurs ou monte-charges particulièrement longs, histoire de cacher maladroitement un temps de chargement indispensable mais copieux : on se croirait revenu dans "Mass Effect" !

Les divers protagonistes sont logés à la même enseigne que les environnements et se révèlent plein de vie voire charismatiques, comme Heisenberg. Même Ethan, dont on ne verra jamais le visage (juste ses cheveux sur la cinématique finale...) : sa présence est fort bien rendue à l'écran, avec un "body awareness" maîtrisé. Mieux, son ombre est bien souvent projetée sur les surfaces éclairées ce qui lui donne une belle consistance : pas besoin de VR pour s'y croire.

Dernier point à souligner : la qualité de l'ambiance sonore ! Au casque (indispensable...), tout n'est que grincement, craquement de brindilles, bruissement du vent au travers des vitres cassées. Et les grognements des lycans au loin, tandis que le blizzard s'intensifie sur les hauteurs du Village... Brrr... En somme, c'est une énorme réussite sur le plan sonore, même s'il n'y a aucun thème musical marquant. Cerise sur le shotgun, même la VF est concluante (en dépit des tirades parfois débiles d'Ethan, notamment quand ses bras lui en tombent... littéralement...) !

En somme, il n'est pas interdit de penser que ce "Resident Evil 8" surclasse son prédécesseur sur presque tous les plans. Certes, il est impossible de dépasser en intensité le fabuleux prologue de la maison des Baker, mais, sur la durée, "Village" s'en sort avec brio de part sa diversité et son rythme. Le jeu se goupille en une petite dizaine d'heures, ce qui reste dans la petite moyenne pour la série, mais on en sort repu et satisfait ! Et puis, le quatrième épisode comme principale source d'inspiration participe clairement à cette réussite.
On déplorera toutefois encore et toujours cette volonté de Capcom de basculer sur l'action pure dans la dernière ligne droite, mais ce trait est malheureusement propre à la plupart des épisodes de cette série, décidément incontournable. Il reste néanmoins un gros regret : ne pas avoir gardé la plantureuse et impressionnante Lady Dimitrescu ainsi que son magnifique manoir pour le dessert, histoire de terminer cette inoubliable aventure en beauté.
+
LES POINTS FORTS
LES POINTS FAIBLES
-
+ LA BEAUTÉ DU DIABLE ET UNE DA ADMIRABLE.

+ LE BESTIAIRE ET LES BOSS : TOUT EST NOUVEAU !

+ LA VARIÉTÉ DES DÉCORS ET DES SITUATIONS

+ L'AMBIANCE SONORE QUI FAIT FRÉMIR

+ LADY DIMITRESCU, LA GRANDE, LA MAGNIFIQUE !

+ COURT, MAIS BON !
- UN SCÉNARIO COUSU DE FIL BLANC, COMME D'HAB !

- QUELQUES RARES ÉCUEILS TECHNIQUES

- QUELQUES PUZZLES SUPERFLUS

- TROP D'ACTION ET PAS ASSEZ DE TENSION SUR LA FIN
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