Test jeu vidéo
Publié le 11/05/2026 à 10:41 par Pikminouchon

Saros

Affiche
8 /10
ACTION
Le nouveau bébé de Housemarque débarque enfin sur PS5 après leur précédent titre ("The Returnal") très remarqué...
Nouvelle IP, nouvel univers : les développeurs ont eu le courage de ne pas nous pondre une suite directe et en ont profité pour créer quelque chose de tout à fait nouveau. Néanmoins, on reste dans la Science-Fiction et, surtout, dans le rogue lite : des morts à répétition pour revenir toujours un petit peu plus fort pour aller un petit peu plus loin. La sauce prend-elle à nouveau ?

En créant un univers SF cryptique où les cinématiques passent au second plan, les développeurs font d'une pierre, deux coups : contenir un budget plus serré et auréoler leur bébé d'un voile de mystère. Dans "Saros", le joueur incarne Arjun, un membre d'Echelon IV, une unité d'élite venant au secours d'une expédition en péril, portée disparue sur la planète Carcosa. Vous allez devoir enquêter sur la disparition des 3 équipes qui vous ont précédées, le tout sous la houlette scrupuleuse de votre employeur : la mégacorporation Soltari. De mystérieuses éclipses solaires, des membres d'équipage qui perdent la boule, une multinationale cupide et manipulatrice : il appartiendra au joueur de déméler l'écheveau...

Saros est un donc jeu de tir et d'action (survoltée !) vu à la troisième personne : il s'agît de nettoyer chaque niveau jusqu'à son boss (ici, on les appelle les "souverains"), tout en collectant un maximum de luménite (la monnaie locale) et les fragments d'information destinés à vous éclairer sur l'histoire. L'histoire du jeu est donc volontairement laconique : c'est un de ses moteurs, poussant le joueur à s'accrocher, à persévérer et à avancer... Car, en bon rogue lite, Saros ne fait pas de cadeau : à chaque run, vous tenterez votre chance en espérant aller toujours un peu plus loin, sachant que les niveaux sont en partie générés aléatoirement. Pour survivre, le jouer devra rapidement maîtriser plusieurs subtilités, en particulier le dash et, surtout, le bouclier : en effet, il est possible de parer les tirs ennemis pour pouvoir, ensuite, balancer une super patate (c'est une image !) ! Encore plus balèze, un tir surpuissant sera rarement disponible en appuyant simultanément sur R3 et L3 : là encore, un gros ménage en perspective, avec les effets pyrotechniques de circonstance. Comme souvent dans les jeux de ce genre, la prise de risque est récompensée : plus ça devient difficile (notamment quand vous avez recours à l'éclipse, la bascule du jeu qui rend les ennemis plus nombreux, plus retors) et plus ça rapporte de luménite!

Dans les faits, les ennemis attaquent avec 3 sortes de tirs différents : les bleus (que l'on peut bloquer et accumuler), les jaunes (qu'il faut seulement esquiver) et les rouges (que l'on pourra, à terme, retourner à l'expéditeur avec le bon timing). Le plus intéressant est, sans aucun doute, l'apparence de ces attaques : le jeu ressemble à s'y méprendre à un Danmaku, ces shoot'em up typiquement japonais où les boulettes forment des patterns très caractéristiques. Visuellement, Saros est splendide, en action : les tirs fusent, explosent, le joueur virevolte, contre-attaque, fonce ou déploie son bouclier énergétique (limité dans le temps). En somme, le jeu est particulièrement vif et nerveux, surtout dans les niveaux avancés... Pour les plus enragés (ou ceux qui aiment le contact), le déploiement du bouclier permet de donner un coup d'épaule dans les tout premiers instants de l'animation, ce qui offre la possibilité d'exploser les barrières rouges des ennemis et briser instantanément leur défense : parfois indispensable, cette ultime attaque au corps à corps confère au gameplay une profondeur vraiment unique. Encore faut-il l'apprivoiser !

Pour vous aider, la luménite récoltée vous permettra de complèter un arbre d'évolution, chaque fois que vous rentrerez à la base (de gré, ou de force...) : vous pourrez ainsi vous offrir de très nombreuses compétences passives, davantage de santé ou de résistance. Le choix est large est l'ensemble est compartimenté : il faudra se débarrasser des souverains pour continuer à personnaliser son jeu. Dans tous les cas, même en cas d'échec, on récupère toujours une partie de la luménite collectée : chaque partie compte ! Et si vous avez encore besoin d'un petit coup de pouce, vous pouvez même vous octroyer quelques bonus supplémentaires moyennant quelques malus : le système de points via le modificateur de Carcosa peut vous rendre la vie à la fois plus facile... ou plus dure.

Côté arsenal, Saros fait dans le très classique et c'est sans doute son plus gros défaut : il n'y a que 5 types d'armes disponibles, chacune avec ses variantes (dispersion, ricochet, tête chercheuse, etc..). On retrouve donc le pistolet, la mitrailleuse, le fusil à pompe ou encore l'arbalète... A chaque fois, il faut ouvrir un conteneur (grâce aux clés trouvées...) et découvrir les armes proposées. Si le loot est médiocre, vous pourrez même retenter votre chance... En parallèle, des compartiments offrant divers bonus seront à récolter en cours d'exploration, histoire de vous faciliter un peu la tache. Néanmoins, ne vous attendez pas à la profondeur d'un système comme celui d'Hadès, par exemple : Saros ne pousse pas les curseurs aussi loin et l'approche du gameplay n'est pas autant bouleversé à chaque tentative. En fait, le gros problème, c'est la compréhension du joueur : on ne comprend pas toujours les bénéfices d'une amélioration ou d'une arme alors que, chez la concurrence, tout est immédiatement perceptible.

Techniquement, "Saros" fait honneur aux performances de la PS5 : chaque zone du jeu est parfaitement caractérisée grâce à une direction artistique efficace, à défaut d'être très originale (tiens, on dirait du H. R. Giger ou le niveau Caelid de "Elden ring"...). En fait, ce sont surtout les effets de lumière et la myriade de boulettes affichées simultanément qui en mettent plein les mirettes ! Les personnages, quant à eux, sont assez quelconque (les animations faciales s'avèrent vraiment datées !) et il est difficile de s'attacher à ces PNJ sans éclats... Les ennemis s'en sortent bien mieux : variés, ils apparaissent progressivement et le bestiaire s'étoffe bien vite, plus on avance dans l'aventure. Mieux, les souverains font une très forte impression avec un design vraiment impactant : une vraie réussite !
Enfin, comme dans The Returnal, la manette PS5 et ses vibrations haptiques font un travail formidable et profondément immersif : les gâchettes adaptatives marquent une vraie différence et permettent au joueur de ressentir la puissance de la moindre pétoire. On en redemande !

Avec son gameplay terriblement nerveux et très typé arcade, "Saros" est un rogue lite particulièrement efficace qui ne frustre que rarement le joueur investi. Sa boucle de gameplay ne révolutionne pas le genre mais le joueur reste maître des améliorations qu'il apporte progressivement à son avatar et peut même, s'il le souhaite, se rendre la tâche plus difficile en ne dévérouillant pas de compétences passives... Malgré quelques choix de conception maladroits et une approche moins sophistiquée qu'espéré, Saros est un excellent divertissement qui mettra vos réflexes et votre volonté à rude épreuve. Un vrai bon jeu !
LES POINTS FORTS

+ Un shooter viscéral à la nervosité amplement validée !

+ Une boucle de gameplay efficace

+ Le petit côté Danmaku...

+ La Dualsense parfaitement exploitée

+ La DA dans son ensemble et les boss en particulier

+ Techniquement solide

+ L'histoire, nébuleuse, à reconstituer.

LES POINTS FAIBLES

- Pas toujours très original, hélas

- Un petit manque d'armes et de variété dans les approches

- Les PNJ insignifiants

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